
Tôt ce lundi matin, la police est venue réveiller Domenico Criscito, à Coverciano, le centre d’entraînement de la sélection italienne à Florence (nord), pour entendre sa déposition dans le cadre du énième. A 25 ans, le défenseur du Zénith Saint Petersbourg qui compte 19 sélections (zéro but) n’ira pas à l’Euro, sans doute, au nom du « code éthique » instauré par le sélectionneur Cesare Prandelli qui exige un comportement exemplaire des internationaux sur et en-dehors des terrains. « Criscito ne sera pas à l’Euro-2012, ce n’est pas son objectif principal, il veut clarifer sa situation », a dit lundi le vice-président de la FIGC Demetrio Albertini.

Loading ...
19 personnes interpellées
Outre la mise sous enquête de Criscito, 19 personnes ont été arrêtées lundi aux premières heures, dont dix joueurs, et parmi eux le capitaine de la Lazio Rome, Stefano Mauri. Elles sont poursuivies »association de malfaiteurs à des fins de tricherie et de fraude sportive » dans le cadre de l’enquête du parquet de Crémone sur des matches arrangés par des officines de paris.
Selon les enquêteurs de l’opération « Last bet » (« Dernier pari » en anglais), les joueurs concernés sont soupçonnés d’avoir truqué des matches contre de l’argent.
Le domicile de l’entraîneur de la Juventus Turin, Antonio Conte, a également été perquisitionné lundi matin dans cette enquête. Les faits qui intéressent les enquêteurs remontent à la saison dernière, quand Conte entraînait Sienne en deuxième division (Serie B).
Pénalités et suspensions
Cette troisième vague d’arrestations, après celles de novembre 2011 et avril 2012, se produit à trois jours de la mise en action de la justice sportive. Jeudi, la commission de discipline de la Fédération italienne de football (FIGC) doit juger 22 clubs et 61 joueurs ou ex-joueurs dans le cadre de l’enquête de Crémone. Les premiers risquent des points de pénalité, les seconds des suspensions.
L’opération « Last bet » compte trois volets, conduits par les parquets de Crémone, Bari et Naples. L’ex-international Giuseppe Signori, l’ancien capitaine de l’Atalanta Cristiano Doni ou l’ancien joueur de Bari Andrea Masiello avaient notamment été arrêtés lors de ces coups de filets.
Arrangements entre la mafia et les joueurs
Au coeur du scandale, des mafias locales et étrangères et des joueurs qui s’arrangeaient pour influer sur le résultat d’un match, afin de parier dessus à coup sûr. Des joueurs, des intermédiaires de toutes sortes et peut-être des dirigeants truquaient des rencontres de ligues inférieures et même de Serie A. Il ne s’agissait pas seulement d’acheter la victoire, les paris pouvant prendre différentes formes, comme l’ »over », le fait de marquer plus d’un certain nombre de buts dans une rencontre.
Cinq Hongrois soupçonnés d’être à la tête d’une de ces organisations mafieuses de paris figurent parmi les 19 personnes arrêtées lundi.
Source : letelegramme.com